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 Au bon endroit au bon moment

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raph69
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MessageSujet: Au bon endroit au bon moment   Jeu 17 Juil 2014 - 14:27

http://www.peches-sportives.com


La pêche sportive est une activité ingrate ! Rares sont en effet les loisirs où les probabilités de réussite dépendent d’autant de facteurs différents. Quand l’eau n’est pas trop froide, elle est trop chaude, par vent du nord, rien ne mord, brouillard sur les monts, reste à la maison... les pêcheurs entendent ça depuis l’enfance, sans comprendre pourquoi l’activité des poissons est si dépendante des conditions météorologiques. Le bilan d’une saison de pêche se résume parfois à quelques sorties mémorables, une majorité que l’on qualifiera de moyennes à médiocres et le reste sent bon la bredouille. Voici quelques éléments de base pour éviter d’être constamment au mauvais endroit au mauvais moment.

On ne le répétera jamais assez, les poissons sont des animaux à sang froid. S’il existe inévitablement un lien entre les conditions météorologiques et l’activité des poissons, cela est dû en grande partie au fait que les poissons n’ont aucun moyen de réguler leur température corporelle. Les mystères de la nature s’expliquent parfois, du moins en partie.
Pour chaque espèce de poisson, il existe une plage de température idéale en termes d’activité alimentaire. Et de même d’autres plages, soit trop froides soit trop chaudes, rendent les poissons inactifs et parfois pour longtemps. Chez le brochet, par exemple tout semble réglé comme sur du papier à musique. Au-dessus d’une température de l’eau de 20 à 22 °C, son activité alimentaire réduit considérablement. Cela explique pourquoi il s’en prend très peu en été sur les eaux peu profondes exposées aux fortes chaleurs. Dans ces eaux, le brochet est actif à l’ouverture de la pêche jusqu’à fin juin, puis de nouveau à l’automne. Pour toutes les espèces, il est une règle néanmoins commune. Une brutale baisse de la température de l’eau induit un arrêt presque total de l’alimentation des poissons et cela reste valable également pour des espèces d’eaux froides comme la truite ou l’ombre. Pour la truite, sauvage s’entend, une rivière dont la température de l’eau chute en vingt-quatre à quarante-huit heures de 15 à 10 °C induit un ralentissement tout aussi brutal du métabolisme des truites. L’activité alimentaire reprend généralement après trois ou quatre jours lorsque la température remonte. Si elle reste froide mais constante dans la durée, les truites se nourrissent de nouveau.

Des observations qui dictent la façon de pêcher

Connaître l’influence de la température sur l’activité alimentaire des poissons donne des indications précises sur l’action de pêche, les profondeurs de prospection, la vitesse de récupération des leurres, l’amplitude d’animation des mouches (streamers, nymphes, mouches noyées, etc.). Au printemps, lorsque l’on est en phase ascendante de la température de l’eau dans une plage de température optimale, on pourra se permettre l’emploi de leurres de surface dans le cas de la pêche du brochet, du black-bass ou de la perche. A l’inverse, à l’automne, après un été caniculaire, ces trois espèces redeviennent actives en surface lorsque la température a lentement perdu quelques degrés. Pour le pêcheur à la mouche, notamment à la nymphe, une observation de la température de l’eau sur les jours précédant la sortie de pêche permet d’anticiper les réactions des poissons.
Dans une phase de baisse de la température de l’eau, au printemps, il va falloir pêcher près du fond et animer la nymphe defaçon modérée. Dans ces conditions, les truites ne poursuivent pas facilement les nymphes artificielles.
Elles se contentent de les prendre lorsqu’elles passent à leur portée. L’emploi de nymphes leurres avec un peu de matériaux brillants est souvent la seule technique efficace.

Le cas des rivières “chasse d’eau”

Jadis, les zones humides jouaient un rôle d’éponge, retenant l’eau de pluie lors des précipitations et la restituant progressivement ensuite. La disparition des zones humides en France estimées à plus de 60 %, a rendu bon nombre de cours d’eau à l’état de “chasse d’eau”.
Lorsqu’il pleut, le niveau monte fortement en très peu de temps, puis quelques jours plus tard elles retrouvent un niveau proche de l’étiage. La variation de température de l’eau à cette occasion est souvent conséquente, bien plus que par le passé. A l’étranger, on peut encore trouver des rivières dont les zones humides sont encore préservées (Islande, ex-URSS, Scandinavie-Laponie, Ecosse, Ireland, etc.). Les conditions de pêche y sont plus souvent favorables que dans nos rivières, aux débits perturbés. C’est une des raisons pour lesquelles la pêche est sans doute plus difficile aujourd’hui qu’il y a plus de cinquante ans sur les rivières françaises. De plus, les niveaux bas favorisent le stress des poissons, la prolifération d’algues, etc.

En lac, le rôle de l’oxygène dissout


Qui dit température de l’eau dit obligatoirement oxygène dissout. Les deux phénomènes sont liés, tout comme un troisième, la lumière, qui rend la vie possible ou non dans les profondeurs de nos lacs. Si l’on dispose d’un sondeur, la profondeur à laquelle on trouve encore de l’oxygène est facile à trouver. C’est simple : à partir d’une certaine profondeur, on ne trouve plus d’échos de poissons.
En été, sur certains lacs recevant beaucoup plus de matière organique que les milieux peuvent en “digérer”, la limite se situe à quelques mètres sous la surface. Cette situation provoque de grandes migrations de poissons dans les grands lacs, à condition qu’il soit possible pour eux de trouver des zones où il reste encore de l’oxygène.
Si ce n’est pas le cas, on assiste alors à des comportements anormaux de poissons en survie dans la couche superficielle, notamment sur les bordures. Le plus souvent ils sont complètement inactifs, attendant des jours meilleurs qui généralement ne surviennent pas avant l’automne. L’été n’est pas une excellente saison dans les lacs pauvres en oxygène dissout.
Seuls les lacs situés en montagne ou ceux alimentés par des cours d’eau très frais peuvent encore permettre des parties de pêche qui se déroulent dans des conditions normales.

Une question de température de confort

Tous ces phénomènes qui s’expriment souvent en chaîne sont liés et influent sur les choix du pêcheur. A lui d’être conscient de tous ces paramètres, qui l’aideront de façon souvent très logique à pêcher telle zone plutôt qu’une autre, avec tel leurre plutôt qu’un autre, et de l’animer d’une façon acceptable par le poisson convoité en fonction de son état. Comprendre le mode de vie des poissons pour comprendre leur pêche semble logique. Pourtant, rares sont les pêcheurs qui s’intéressent de près aux phénomènes climatiques et à leurs liens avec les poissons. Chaque espèce possède sa température de confort dans laquelle elle se nourrit normalement. Ce constat est aussi valable pour la carpe que le saumon atlantique, le sandre, le brochet ou le goujon.
Contrairement à certaines idées reçues, le régime alimentaire des carnassiers est très perturbé par des écarts de température. C’est flagrant en grands lacs lorsque l’on pêche au sondeur. D’une semaine à l’autre, les poissons évoluent dans la couche d’eau, cherchant à l’automne par exemple à éviter la couche froide de surface. Les poissons sont finalement comme nous. Ils craignent les températures trop chaudes mais en revanche peuvent s’adapter au froid. Cela prend du temps, mais ils peuvent se nourrir activement par eau froide (salmonidés et carnassiers), alors que le contraire est moins vrai. Ce qui fait le talent de quelques fines gaules dotées d’un mystérieux sixième sens s’explique par une analyse parfois inconsciente chez le pêcheur des paramètres évoqués dans cet article. Les sorties répétées à la pêche par tous les temps nous apprennent beaucoup à condition d’y prêter attention, faisant mentir la phrase de Tony Burnand : “J’ai fait des bredouilles par tous les temps et des pêches miraculeuses de même.”
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denis01
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MessageSujet: Re: Au bon endroit au bon moment   Ven 18 Juil 2014 - 10:37

merci Raph
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